Snudi Force Ouvrière Somme

Entrevue de la FNEC FP FO chez le Recteur

(Compte rendu 1er degré)
lundi 16 février 2015 par le Snudi Fo 80

Une délégation de la FNEC FP FO composée de représentants du SNFOLC : F. POZZO DI BORGO, (02), H. MATHE (60), N. MORIN (80) du SNETAA-FO : P. DELAITTRE (80) et du SNUDI-FO : F. STANDAERT (80) a rencontré le recteur à l’occasion de son installation dans l’Académie, le secrétaire Général et le Chef de Cabinet du Rectorat pendant près de 3 h 30 le lundi 16 février. L’occasion pour la fédération de faire un tour d’horizon des principaux problèmes rencontrés par les personnels : conditions de la prochaine rentrée scolaire, tant dans le 1er que dans le 2nd degré, mise en œuvre des indemnités de missions particulières (IMP) dans les collèges et les lycées, laïcité, conditions d’exercice des fonctions et d’étude des enseignants stagiaires, remplacement dans le 1er degré, respect du droit syndical. L’entrevue a également permis d’aborder plusieurs dossiers particuliers de personnels, enseignants du 1er ou du 2nd degré et contractuels.

Rentrée scolaire 2015-2016

Pour ce qui concerne le 1er degré, les conditions de la prochaine rentrée ont été largement abordées. La délégation a montré que la faiblesse des dotations ne permettra pas une amélioration des conditions de travail des personnels dans les classes qui sont de plus en plus surchargées parce que la plupart des moyens attribués serviront à ouvrir des postes dans les REP en raison des priorités imposées par le ministère (modulateurs, plus de maîtres que de classes). Le problème du remplacement ne sera donc pas réglé non plus. La délégation a également évoqué la menace de remise en cause des droits des personnels en termes de temps partiels, d’exeat ou de demandes de mise en disponibilité. Les représentants du rectorat ont reconnu un manque de personnels. Ils ont précisé que les enseignants en « surnombre » qui existent à chaque rentrée se réduisaient d’année en année. Ces personnels permettent de combler les postes devenus vacants en cours d’année sans utiliser les personnels remplaçants, ce qui est de moins en moins possible. Ils ont avoué que la situation serait tendue à la prochaine rentrée. Sur les droits des personnels, ils n’ont pas été plus rassurants en précisant qu’il y des demandes de temps partiels ou de mise en disponibilité qui étaient de droit et d’autres sur autorisation soumises à l’intérêt du service.

Laïcité

La délégation a indiqué que le congrès de la Confédération Force Ouvrière avait discuté du problème de la laïcité après les événements de janvier. Dans ses résolutions, le strict respect de la loi du 5 décembre 1905 de séparation des Églises et de l’État a été réaffirmé. La délégation a également précisé que la création des « référents laïcité » annoncés par la ministre ne devait pas permettre à des religieux ou aux associations les plus diverses de rentrer dans les écoles et les établissements. Le Recteur a précisé que dans l’Académie, les référents laïcité étaient des fonctionnaires d’État. La délégation a ajouté qu’elle resterait vigilante à ce que la laïcité soit pleinement respectée à l’École Publique.

Stagiaires

La délégation a alerté les représentants du rectorat sur la démission de 14 enseignants stagiaires dans les écoles de l’Oise. Elle a demandé si de telles démissions avaient eu lieu dans les autres départements de l’Académie (aucune réponse n’a été donnée sur ce point). Elle a également relayé les problèmes posés par les conditions d’exercice des fonctions et d’études des stagiaires en lettres que la fédération avait rencontrés : étudiants M2 en début de semaine, ils sont en stage en responsabilité en fin de semaine, parfois sur deux niveaux. Cette fonction nécessite de nombreuses préparations, des corrections, de la recherche pédagogique et parfois de longs déplacements pour se rendre dans l’établissement d’exercice. Leurs études en master 2 impliquent des écrits, des travaux disciplinaires et des exposés à faire en plus. La délégation a attiré l’attention des responsables du rectorat sur une demande particulière de ces stagiaires qui demandaient la suppression d’un mémoire de recherche qui leur était imposé alors qu’il n’est pas conforme aux textes et à la plaquette de leur formation. La fédération agit pour la satisfaction de cette revendication.

Remplacement

Le problème actuel du remplacement a également été abordé. La délégation a montré que ce problème n’avait jamais atteint un tel niveau. Les chiffres sont en effet éloquents. Dans l’Aisne le nombre de ½ journées non remplacées a évolué de la manière suivante : 126 en septembre 2014 : 191, octobre : 627 en novembre : 884 en décembre. Dans l’Oise, l’évolution est la même. 77 journées non remplacées en septembre 2014, 125 en octobre, 348 en novembre, 512 en décembre et 706 du 5 au 23 janvier 2015. Dans la Somme, le nombre d’enseignants absents non remplacés dans une classe le même jour a dépassé 80 au mois de janvier, Les années précédentes, ce nombre était plutôt compris entre 60 et 65 à la même période. La délégation a exposé les conséquences de cette situation : désorganisation du travail des enseignants dans les classes contraints d’accueillir les élèves de leur(s) collègue(s) absents non remplacés, tension entre les enseignants et avec les parents, remplaçants qu’on affecte dans une école et qu’on déplace dans la matinée pour régler une situation problématique ailleurs, inquiétudes sur les possibilités de rattrapage des heures supplémentaires effectuées par les remplaçants. La délégation a indiqué que ce problème devenait de plus en plus insupportable, qu’il cristallisait actuellement la colère de tous. Elle a demandé que des mesures soient prises en urgence à l’instar d’autres départements : recrutement sur la liste complémentaire des PE, concours exceptionnel organisé. Si les responsables du rectorat ont paru sensibles au problème, aucune réponse n’a été donnée pour résoudre la situation.

Droit syndical

Sur le droit syndical, la délégation est revenue sur toutes les remises en cause des différentes dispositions incluses dans les textes. Le problème du droit à l’information syndicale et des réunions sur le temps de classe a d’abord été exposé. La délégation a rappelé que cette possibilité était inscrite dans une circulaire ministérielle, mais que les plus grandes difficultés entravaient cette disposition pour les enseignants du 1er degré dans le département de la Somme. De nombreuses interdictions d’y participer étaient opposées aux demandes des enseignants, parfois à plusieurs reprises. La délégation a également condamné la forme que prenaient ces interdictions, les enseignants n’étant informés du refus de la hiérarchie que la veille de la réunion, le plus souvent juste au moment de la sortie de la classe. La même constatation a été faite pour les interdictions à une instance convoquée par le syndicat, interdictions qui perturbaient le bon fonctionnement de l’activité syndicale. Le représentant du SNUDI-FO Somme a précisé qu’il allait réunir son congrès départemental le vendredi 20 mars, qu’il souhaitait qu’il puisse se tenir convenablement. Cette instance qui se réunit une seule fois dans l’année a, entre autres, pour objet d’élire les responsables du syndicat. Le représentant du SNETAA-FO a également soulevé un problème d’atteinte au droit syndical. La délégation a rappelé que le droit syndical était directement lié à la démocratie, qu’il y avait plusieurs possibilités de le remettre en cause, soit en supprimant les textes qui le régissaient, soit en ne les respectant pas, ce qui dans cette deuxième éventualité, en faisait des coquilles vides. La délégation a précisé qu’elle ne lâcherait pas sur ce dossier, qu’elle continuerait d’intervenir pour faire respecter ce droit autant que de besoin. Les représentants du rectorat, attentifs à l’argumentation, n’ont toutefois donné aucune garantie pour que le droit syndical soit réellement respecté.


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